Manuela Ribeiro invite le public à participer et à partager son propre processus de création. Elle offre à chaque participant un espace d’expression, où la liberté lui est donnée d’éveiller toute sa capacité à créer.
Aprés la rencontre, trois étapes sont nécessaires à l’artiste pour faire éclore une Alchimies sur mesure :
1. L’autoportrait, donne lieu aux alchimies. Une histoire accompagne chaque photographie de vêtement-mémoire.
2. L’atelier de transmutation textile correspond à la phase de métamorphose du vêtement-mémoire. Toujours en lien avec l’histoire du vêtement et de son possesseur.
3. Le portrait est l’étape intitulée par l’artiste : Alchimies sur mesure : mise en image de ces métamorphoses. Cette réapropriation du vêtement-mémoire, aprés transformation, est ainsi la derniére étape du processus.
Le résultat : une exposition pluridisciplinaire composée d’ installations, présentations de l’alchimie sur mesure de l’artiste, du « public ressource », mosaïque d’ autoportraits, de portraits, son et vidéo.

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La première étape, demande d’aller à la rencontre du public pour l’amener parfois a exhumer de l’oubli le vêtement dont Manuela Ribeiro va recueillir l’histoire. Choisi par son interlocuteur pour sa charge affective et symbolique, cette seconde peau doit être l’objet d’un attachement particulier. Parce que l’histoire est verbalisée et partagée, l’autoportrait réalisé librement prend alors du sens. Ce sont les autoportraits : Alchimies.
Lors d’une deuxième étape, Des personnes rejoindront Manuela Ribeiro dans son atelier pour y poursuivre ensemble le travail préparatoire entamé avec leur autoportrait.
Dans un cadre quasi confessionnel, l’artiste recueille l’histoire de chaque vêtement. Le récit devient alors le fil conducteur qui permet d’entamer et d’élaborer conjointement la recette de transmutation du vêtement, baptisé dès lors : « vêtement-mémoire ».
L’histoire intime lui offre les ingrédients et la matière première de ses visions esthétiques et de leur concrétisation. Dans un processus participatif et évolutif, elle aide à métamorphoser ou à transmuter ces secondes peaux, parfois encombrantes. Dans ce processus, la parole est le premier vecteur de sens ; la manipulation textile, une interprétation poétique et tactile, métamorphose symbolique du vêtement, transformation réelle de ce qui était parfois sans vie.
Le vêtement concédé est ainsi soumis à l’expérience. Découpé, décousu, malmené, réassemblé, brodé, ornementé… sans jamais perdre totalement l’empreinte de son usage et de sa forme initiale. Le passé n’est pas accessoire et la forme choisie pour le sortir de l’oubli doit en garder la trace.
La troisième étape consiste à imaginer, tout comme le fait l’artiste pour elle-même, une dernière mise en scène photographique. Un portrait : une image qui synthétise passé et devenir.
Le « vêtement-mémoire » transmuté et mis en scène est appelé par Manuela Ribeiro une « alchimie sur mesure ». L’objectif de cette étape est de faire émerger ce qu’il y a de singulier dans chaque histoire individuelle, d’extraire l’être du paraître, l’essentiel de l’artifice ou du superficiel. Les « alchimies sur mesure » transcendent l’ordinaire même lorsque le résultat semble dérisoire !