L’installation « Enxoval » du portugais « trousseau », est « l’Alchimie sur mesure » de l’artiste. Son processus de création, prend racine dans sa quête personnelle de mémoire qui s’appuie sur ces dentelles familiales. Son autoportrait, « Mémoire d’une jeune fille (de)rangée », est le fil conducteur qui projette son travail vers une réflexion plus vaste : la transmission de la féminité, le poids des traditions, la construction de l’identité.
Textiles, façonnés par l’histoire personnelle, elle-même inscrite dans une histoire familiale, collective et sociale . Le vêtement est l’expression et la mémoire de notre passé, le support d’un investissement affectif fort. Au-delà de la manifestation de notre être social, il désigne notre être le plus intime, celui dont prendre conscience libère. La métamorphose symbolique du vêtement est un moyen esthétique d’accéder à notre histoire, de porter un autre regard sur elle et d’accéder à plus de liberté. De ce point de vue, fondamental, le travail de Manuela Ribeiro est une critique implicite d’une mode consumériste et compulsive qui nous aliène à des identités étrangères et nous éloigne de notre être singulier.